Manuel Bandeira 1886 – 1968

Manuel Bandeira. 1931. (Cândido Portinari 1903-1962)

Desencanto

Eu faço versos como quem chora
De desalento… de desencanto…
Fecha o meu livro, se por agora
Não tens motivo nenhum de pranto.

Meu verso é sangue. Volúpia ardente…
Tristeza esparsa… remorso vão…
Dói-me nas veias. Amargo e quente,
Cai, gota a gota, do coração.

E nestes versos de angústica rouca,
Assim dos lábios a vida corre,
Deixando um acre sabor na boca.

Eu faço versos como quem morre.

Teresópolis, 1912.

As Cinzas das Horas. 1917.

Désenchantement

J’écris des vers comme on pleure
De découragement… de désenchantement…
Ferme mon livre, si ce jour
Tu n’as aucune raison de pleurer.

Mon vers est sang. Volupté ardente…
Tristesse éparse… Remords vain…
Il me brûle les veines. Amer et chaud,
Il coule, goutte à goutte, de mon coeur.

Et dans ces vers de rauque angoisse
Comme des lèvres la vie s’en va,
Laissant une âcre saveur dans la bouche.

– J’écris des vers comme on meurt.

Teresópolis, 1912.

Les cendres des heures.

Manuel Carneiro de Sousa Bandeira Filho est né à Recife (Brésil) le 19 Avril 1886. Il fait des études d’architecture qu’il doit interrompre. Atteint de tuberculose, il part se soigner en juin 1913 dans le sanatorium de Clavadel, en Suisse. Il y fait la connaissance d’Eugène Grindel (Paul Éluard) également en traitement. Une lettre d’Éluard indique que c’est Bandeira qui l’a révélé à lui-même comme poète et non pas le contraire. Étant tuberculeux à une époque où cette maladie était incurable, la poésie devient pour lui une « fatalité ». Ce qu’il ne peut vivre, il le rêve en poésie. On l’a surnommé le saint Jean-Baptiste du modernisme au Brésil. Son premier recueil poétique, Les Cendres des heures (1917), est imprégné par la mélancolie due à la maladie et aux deuils familiaux. En 1921, il fait la connaissance de Mário de Andrade (1893-1945) avec qui il entretient une relation durable. Il devient professeur de littérature au Collège Pedro II en 1938, puis à l’Université de São Paulo en 1943. Il est élu à l’Académie Brésilienne des Lettres en 1940. Il a été aussi critique d’art et traducteur (William Shakespeare, Friedrich Schiller, Bertolt Brecht, E.E. Cummings)
Il meurt le 13 octobre 1968 à Rio de Janeiro.

Manuel Bandeira, Poèmes. Seghers, 1960. Traduction: Luis Annibal Falcao, F.H. Blank-Simon et l’auteur.

Enrique Badosa 1927 – 2021

Enrique Badosa à Salamine.

Le poète, traducteur, éditeur et journaliste Enrique Badosa, né à Barcelone le 21 mars 1927, est décédé dans sa ville natale le 31 mai 2021. il avait 94 ans. Ce poète fait partie des auteurs de la Génération de 1950. Néanmoins, son catholicisme et un certain conservatisme le différenciaient des écrivains de ce groupe. Il est mort très peu de temps après les poètes de la même génération, José Manuel Caballero Bonald et Francisco Brines. Il a traduit Horace, Ramon Llull, Ausiàs March, J.V. Foix (Josep Viçenc), Salvador Espriu, Joan Margarit, mais aussi les Cinq grandes odes de Paul Claudel en 1955.

Salamina

Por esto ha sido escrito el Partenón
con la más bella tinta de la tierra.
Por esto se ha labrado el pensamiento
en la piedra más sabia y perdurable.
Por esto estás hablando en lengua libre.

Salamine

C’est pour cela que le Parthénon a été écrit
avec la plus belle encre de la terre.
C’est pour cela que la pensée a été taillée
dans la pierre la plus sage et la plus durable.
C’est pour cela que tu parles dans une langue libre.

Ce poème, traduit en grec, figure sur un monolithe dans la zone qui commémore la bataille entre les Grecs et les Perses (480 avant J.C.)

“Mi poesía no está más comprometida con el fondo que con la forma porque todo poema exige, siempre, el doble logro entre lo estético y lo conceptual”

Oeuvres
1956 Más allá del tiempo.
1959 Tiempo de esperar, tiempo de esperanza.
1963 Baladas para la paz.
1968 Arte poética.
1970 En román paladino.
1971 Historias en Venecia.
1973 Cuadernos de Ínsulas Extrañas. Poèmes en prose.
1976 Dad este escrito a las llamas.
1979 Mapa de Grecia.
1986 Cuadernos de barlovento.
1989 Epigramas convencionales.
1994 Relación verdadera de un viaje americano.
1998 Marco Aurelio, 14.
2000 Epigramas de la Gaya Ciencia.
2002 Parnaso funerario.
2004 Otra silva de varia lección.
2006 Ya cada día es más noche.
2010 Trivium. Poesía 1956-2010.

2016 Sine tradire. Essai.

“-Una parte fundamental de su producción está relacionada con la idea del viaje. ¿Es el viaje una forma de conocimiento?
-Todo viaje es iniciático por cuanto siempre te lleva no sólo a un lugar lejano, sino a un posible lugar lejano dentro de ti mismo. Por lo tanto, lodo viaje es también un medio o forma de conocimiento. En mi caso, ese autoconocimiento se ha producido siempre, aunque no siempre haya escrito sobre los lugares que he visitado. (Santiago Martínez entrevista a Enrique Badosa .» (La Vanguardia, 14 de marzo de 1998)

Puesto que cada día es más de noche…

Puesto que cada día es más de noche,
vuelve al placer de tus primeros libros,
acaricia las cosas familiares
que sientes extraviadas por cercanas,
recuerda el conversar de tus mayores,
sus gestos que te amparan todavía,
aquel mirar que te enseñaba a ver,
repósate en los nombres con que amaste,
vuelve a tus oraciones cuando niño
y con la sencillez de la confianza
saluda a Dios y espera en su amistad.

Ya cada día es más noche. 2006.