Margarethe von Trotta – Friedrich Hölderlin

Nous avons vu sur Arte le film de 1981 de Margarethe von Trotta Les années de plomb avec Jutta Lampe, Rüdiger Vogler, Barbara Sukowa, Luc Bondy.
Dans l’Allemagne des années 1960, la réalisatrice nous montre deux sœurs issues d’une famille de pasteurs protestants. L’une s’est engagée dans le journalisme et l’action féministe, l’autre dans la lutte armée. Margarethe von Trotta dresse le bilan d’une génération qui a basculé dans le terrorisme d’extrême-gauche. Quand la reconstruction allemande a voulu oublier le nazisme, certains enfants des “années de plomb” ont été attirés par la violence. L’histoire s’inspire de la vie de Christiane et Gudrun Ensslin (1940-1977), cofondatrice avec Andreas Baader (1943-1977) de la Fraction armée rouge. 

L’expression « années de plomb », utilisée pour cette période historique en Allemagne et en Italie a attiré mon attention.


Elle provient d’un poème d’Hölderlin : La promenade à la campagne (Der Gang aufs Land) . Ce poème évoque la couleur grise d’un ciel couvert. Cette élégie inachevée a été écrite à Stuttgart chez son ami Landauer à l’automne 1800.
Vers 5-6 : «  Trüb ists heut, es schlummern die Gäng und die Gassen und fast will / Mir es scheinen, es sei, als in der bleiernen Zeit. ».
Traduction littérale :
« C’est couvert aujourd’hui, somnolent les allées et les ruelles, et presque 
Me semblerait-il que c’est ainsi que dans l’âge de plomb. »

Il faut bien sûr lire la traduction de Philippe Jaccottet dans la Pléiade ou dans la collection Poésie/Gallimard.

La promenade à la campagne (Hölderlin)

À Landauer

Viens dans l’Ouvert, ami ! bien qu’aujourd’hui peu de lumière
Scintille encore, et que le ciel nous soit prison.
Les cimes des forêts à notre gré ni les montagnes
N’ont pu s’épanouir, et l’air reste sans voix.
Il fait sombre, allées et ruelles dorment, et pour un peu
Je nous croirais à l’âge du plomb revenus.
Pourtant un voeu s’exauce, la juste foi n’est point troublée
Par un moment: ce jour soit voué à la joie !
Car ce n’est maigre aubaine que nous arrachons au ciel,
Comme ces dons aux enfants longtemps refusés.
Que seulement, de tels propos, de nos pas, de nos peines,
Le gain soit digne, et sans mensonge l’agrément !
C’est pourquoi je garde l’espoir, quand nous aurons risqué
Le pas rêvé, et d’abord délié nos langues
Et trouvé la parole, et notre coeur épanoui,
Quand du front ivre une autre raison jaillira,
Que notre floraison hâte la floraison du ciel,
Qu’ouverte soit au regard ouvert la lumière.

Car ce n’est pas affaire de puissance mais de vie,
Notre désir : joie et convenance à la fois.
Des favorables hirondelles, néanmoins, toujours
L’une ou l’autre prévient l’été dans les campagnes.
Aussi, pour consacrer d’un juste dire la hauteur
Où l’avisé bâtit une auberge à ses hôtes,
Afin que le plus beau les comble : cette riche vue,
Qu’au gré du coeur, tout ouverts et selon l’esprit,
Danse, festin, chants et joie de Stuttgart soient couronnés,
Nous gravirons, pleins d’un tel désir, la colline.
Que la lumière de mai, la bienveillante, là-haut dise
Propos meilleurs, par qui les écoute éclairés,
Ou que, s’il plaît à d’autres, selon le rite très ancien,
(C’est que les dieux plus d’une fois nous ont souri !)
Le charpentier prononce au faîte du toit la sentence,
Pour nous, chacun aura, de son mieux, fait sa part.

Mais le lieu est très beau, quand la vallée s’épanouit
Aux fêtes du printemps, quand au long du Neckar
Des saules verdissants, la forêt, la foule des arbres
Aux fleurs blanches flottent dans le berceau de l’air
Et qu’embrumée du haut en bas des collines la vigne
Gonfle et tiédit sous les parfums ensoleillés.

Traduction Philippe Jaccottet. Odes, Élégies, Hymnes. 1993. Poésie / Gallimard n°272. NRF.
Oeuvres. NRF. Pléiade, 1967.

Laura Alcoba – Benjamin Fondane

J’ai lu ces jours-ci le roman de Laura Alcoba Minuit à bord. Enquête romanesque (Gallimard, Collection Blanche, 2026).

” À quelques minutes de la frontière espagnole, perché dans les Pyrénées françaises, l’hôtel du Belvédère, véritable paquebot de béton armé, pointe sa proue immobile vers la mer. À la faveur d’une résidence d’écrivain, l’autrice se retrouve seule occupante de l’imposant vestige des années 1930. Dans ce refuge chargé de la mémoire des voyageurs en transit, elle ouvre sa « mallette Fondane ». Fascinée par ce poète mort en déportation en 1944, elle y rassemble depuis des années tout ce qui le concerne.
Devant la mer, elle reconstitue l’enquête qu’elle a menée de l’autre côté de l’Atlantique, sur les traces du seul film de Benjamin Fondane, réalisé en Argentine grâce à Victoria Ocampo puis mystérieusement perdu, et fait revivre le trio indestructible formé par l’auteur du Mal des fantômes avec sa femme, Geneviève, et sa sœur Line.
La folie qui monte en Europe à la fin des années 1930, l’existence brisée du trio trouvent aujourd’hui un écho troublant, que Laura Alcoba souligne avec une grande sensibilité. ” (Site Gallimard)

Ce qui m’a intéressé essentiellement ce sont les recherches de la romancière autour du grand poète franco-roumain Benjamin Fondane (1898-1944) et moins son séjour dans l’hôtel Le Belvédère du Rayon Vert à Cerbère. Cela m’a semblé plus convenu.

Benjamin Fondane et le quatuor Aguilar (Paco, Ezequiel, Pepe et Elisa Aguilar), lors du tournage de Tararira, 1936.
Coll.ection Chancellerie des Universités de Paris – Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, Paris.

(D’après la chronologie publiée à la fin du recueil Le mal des fantômes. Verdier poche. 2006)

Hiver 1929 : Benjamin Fondane rencontre Victoria Ocampo alors qu’ils vont rendre visite au philosophe Léon Chestov dans son appartement de Passy, rue de l’Alboni (depuis décembre 2021, rue Marietta-Alboni).

Juillet 1929 : Fondane part pour l’Argentine. Il est invité par Victoria Ocampo à présenter des films d’avant-garde et à faire des conférences à l’Université de Buenos Aires, notamment sur Léon Chestov et sur la poésie cinématographique.
12 Septembre 1929 : Conférence à la faculté des lettres de Buenos Aires : « Léon Chestov et la lutte contre les évidences ».
Octobre 1929 : Il rentre à Paris.

Fin avril 1936 : Il part une seconde fois en Argentine pour y tourner Tararira, avec le Cuarteto de luthistes Aguilar (Pepe, Paco, Ezequiel et Isabel Aguilar ). Tararira est le seul film réalisé entièrement par Fondane. C’est un long-métrage noir et blanc tourné en 35 mm pendant l’été 1936. Il a été produit par la Falma Film, créée par Miguel Machinandiarena qui finalement ne distribuera pas le film. Il y eut au moins une projection privée à la fin de l’année 1936. Le film a ensuite disparu. Il a été probablement détruit par le producteur qui plus tard fera fortune en gérant le grand casino de Mar del Plata. Il ne voulait pas choquer le puissant et très conservateur gouverneur de la province de Buenos Aires, Manuel Fresco.
Le scénario en espagnol met au premier plan quatre musiciens entraînés dans une série d’aventures burlesques. La musique du film, écrite par Paco Aguilar, est composée d’adaptations pour luths de Mozart, Haydn, Albeniz, Ravel, Brahms ou de mélodies yiddish.
Benjamin Fondane avait déclaré en 1933 : « Si j’étais libre, vraiment libre, je tournerais un film absurde, sur une chose absurde, pour satisfaire à mon goût absurde de liberté ».

Octobre 1936 : Il rencontre le poète italien Giuseppe Ungaretti ainsi que Raïssa et Jacques Maritain sur le Florida lors de son voyage de retour en France.

18 juin 1939 : Sept mois après la mort de Chestov, Benjamin Fondane remet à Victoria Ocampo le Manuscrit de Rencontres avec Léon Chestov pour qu’elle le fasse publier s’il lui arrive quelque chose.
« Je sais qu’il va y avoir la guerre. Je le sais, je sens que nous nous reverrons plus. Excusez ces sombres pressentiments. ( Il dit ces mots en riant à moitié ) » (Témoignage de Victoria Ocampo)

Octobre 1942 : ses amis argentins tentent vainement de le faire venir en Argentine.

7 mars 1944 : il est arrêté par la police française, en même temps que sa sœur Line. Ils sont internés à Drancy. Suite à différentes démarches, Fondane est autorisé à sortir du camp. Mais il refuse de quitter Drancy sans sa sœur, Line, est encore citoyenne roumaine. Ils sont déportés à Auschwitz le 30 mai par l’avant-dernier convoi parti de Drancy, le convoi n°75.

Le 2 ou le 3 octobre 1944 : Fondane est assassiné dans une chambre à gaz d’Auschwitz-Birkenau. Line est sans doute morte un peu avant lui.

https://www.lesvraisvoyageurs.com/2018/05/01/preface-en-prose-benjamin-fondane/ https://www.lesvraisvoyageurs.com/2018/05/01/benjamin-fondane/

Cerbère. Le Belvédère du Rayon Vert.

Le Belvédère du Rayon Vert a été conçu entre 1928 et 1932 par l’architecte Léon Baille. Le commanditaire, Jean-Baptiste Déléon, était le gérant du buffet de la gare de Cerbère. Il s’agissait de bâtir un hôtel-navire collé à la voie ferrée qui permettrait aux touristes de passer la nuit. En effet, certains devaient attendre l’obtention d’un visa pour entrer en Espagne, d’autres seulement le changement d’essieux de leur train. La Guerre civile en Espagne, puis la réquisition de l’hôtel par la Wehrmacht entre 1942 et 1944 ont nui au succès de ce curieux établissement.

Cerbère. Le Belvédère du Rayon Vert. Façade et perron.

Víctor Erice – Adelaida García Morales

Le film Le Sud (1983) de Victor Erice a été restauré et est ressorti en salle en France quarante-trois ans après sa sortie. Nous l’avons revu à La Ferme du Buisson (Noisiel)

Víctor Erice (Philippe Lebruman) 2023.

Víctor Erice, le réalisateur est né le 30 juin 1940 dans la région de Saint-Sébastien (Valle de Carranza, Vizcaya). Très jeune, il est parti vivre à Saint-Sébastien, puis à Madrid après avoir obtenu le baccalauréat. Il a étudié dans la capitale les sciences politiques et le droit, et ensuite le cinéma.

Il a été marié à la romancière Adelaida García Morales (1945-2014) de 1970 à 1992. Ils ont eu un fils Pablo Erice García. Le récit El Sur a été publié par Anagrama en 1985.

Adelaida García Morales (Víctor Erice), 1990.

Dans son film, Víctor Erice en revient aux années 1950, celles de son adolescence.

Dans une maison, appelée La Mouette (La Gaviota), située dans une ville du Nord qui n’est pas nommé, vivent Agustín, médecin andalou et sourcier, son épouse, institutrice révoquée de l’enseignement après la Guerre civile, et leur petite fille, Estrella. Le père a dû quitter le Sud. Républicain, il a été emprisonné un temps. Il s’opposait violemment aux idées de son père, franquiste. Il a trouvé un travail dans une clinique de cette ville du nord.

Le film décrit la fascination qu’éprouve la petite fille pour ce père qu’elle ne comprend pas vraiment. Il est le plus souvent absent, même quand il est à la maison. Elle découvre qu’il a aimé une autre femme qui vit dans le Sud. Estrella fouille et découvre qu’il ne peut oublier Irene Rios, dont elle reconnaît un jour le nom sur une affiche, placardée sur les murs du cinéma de la ville. Elle voit son père se glisser dans cette salle pour voir le film.

Le film ne montre pas le sud mais le nord de l’Espagne. Il a été tourné à Ezcaray (La Rioja), Logroño, Vitoria, Zamora, Madrid. Il a été présenté avec succès au festival de Cannes de 1983, mais la partie qui devait être tournée à Séville ne l’a jamais été à cause des désaccords entre le metteur en scène et Elías Querejeta, le producteur.

Longs-métrages de Víctor Erice
1969: Los desafíos (épisode 3. Film coréalisé avec José Luis Egea et Claudio Guerín).
1973: El espíritu de la colmena (L’esprit de la ruche) (Fernando Fernán Gómez Ana Torrent).
1983: El sur (Le Sud) (Icíar Bollaín, Omero Antonutti, Rafaela Aparicio).
1992: El sol del membrillo (Le Songe de la lumière). Documentaire sur le peintre Antonio López.
2023: Cerrar los ojos (Fermer les yeux) (Manolo Solo, José Coronado, Ana Torrent).

Autres métrages de Víctor Erice

2005-2007: Correspondencias ( Correspondances – 10 lettres à Abbas Kiarostami), vídeo 97′.
2006: La Morte Rouge, video, 34′.

Oeuvres d’Adelaida García Morales

1981 Archipiélago.
1985 El sur – Bene. Anagrama. (El Sur – Histoire de Béné. Stock, 1988. Traduction de Claude Bleton)
1985 El silencio de las sirenas. Anagrama. (Le silence des sirènes. Stock, 1987. Traduction de Claude Bleton)
1990 La lógica del vampiro. Anagrama. (La logique du vampire. Denoël, 1991. Traduction de Claude Bleton)
1994 Las mujeres de Héctor. Anagrama.
1995 La tía Águeda. Anagrama.
1996 Nasmiya. Plaza y Janés.
1997 El accidente. Anaya.
1997 La señorita Medina. Plaza y Janés.
1999 El secreto de Elisa. Debate.
2001 Una historia perversa. Planeta.
2001 El testamento de Regina. Debate.

Incipit. «Mañana en cuanto amanezca, iré a visitar tu tumba, papá. Me han dicho que la hierba crece salvaje entre sus grietas y que jamás lucen flores frescas sobre ella. Nadie te visita. Mamá se marchó a su tierra y tú no tenías amigos. Decían que eras tan raro…»

« Demain, dès l’aube, j’irai visiter ta tombe, papa. On m’a dit que l’herbe sauvage pousse entre les fissures et qu’elle n’est jamais ornée de fleurs fraîches. Personne ne te rend visite. Maman est repartie dans sa région natale et tu n’avais pas d’amis. On disait que tu étais si bizarre… » (Traduction CFA)

Hervé Le Tellier

” En 1969, j’avais douze ans moi aussi. Le long règne des manuels d’histoire Malet-Isaac s’achevait doucement mais la seconde Guerre Mondiale n’était qu’au programme des terminales. Le ciné-club du lycée projetait le documentaire d’Alain Resnais, Nuit et Brouillard. Derrière moi, certains adolescents profitaient de l’obscurité pour s’embrasser.
Je découvrais tout. J’étais choqué, bouleversé. L’image des pelles des bulldozers charriant les cadavres se gravait à jamais. Si je devais dater mon engagement en politique, ce serait de ce jour-là. Je l’ignorais alors, mais en 1956, quand fut réalisé Nuit et Brouillard, la censure avait exigé que l’on masquât sur une photographie le képi si reconnaissable d’un gendarme français qui surveillait le camp de Pithiviers. Le garde des Sceaux, depuis février, s’appelait François Mitterrand. Il était si important que fût masquée la responsabilité de l’État français, l’ignominie du gouvernement Laval qui avait signé la déportation des enfants de moins de seize ans quand les nazis eux-mêmes ne l’exigeaient pas. J’ai su aussi plus tard que c’était Michel Bouquet qui lisait le texte de Jean Cayrol, et que le comédien n’avait pas voulu, en hommage aux victimes, voir son nom paraître au générique. “

Toutes les familles heureuses, Éditions Jean-Claude Lattès, 2017. Livre de Poche n° 36181, 2021.

Paul Verlaine

Paul Verlaine (Otto Wegener). 1893. [La belle écharpe brodée de chez Charvet lui avait été offerte par Robert de Montesquiou. Le dessin de l’écharpe rappelle les motifs japonisants qui étaient alors à la mode.]

J’ai vu sur Arte un film de Laurent Heynemann Il faut tuer Birgitt Haas de 1981. Lisa Kreuzer et Jean Rochefort citent ce vers de Verlaine :

” Et dépêcher longtemps une vague besogne. “

Je me souviens du poème mis en musique par Léo Ferré. Verlaine et Rimbaud chantés par Léo Ferré est un double album paru en décembre 1964 qui reprend quatorze poèmes de Verlaine et dix de Rimbaud.

https://www.youtube.com/watch?v=i6gdu8UdOng

Âme, te souvient-il, au fond du paradis,
De la gare d’Auteuil et des trains de jadis
T’amenant chaque jour, venus de La Chapelle ?
Jadis déjà ! Combien pourtant je me rappelle
Mes stations au bas du rapide escalier
Dans l’attente de toi, sans pouvoir oublier
Ta grâce en descendant les marches, mince et leste
Comme un ange le long de l’échelle céleste,
Ton sourire amical ensemble et filial,
Ton serrement de main cordial et loyal,
Ni tes yeux d’innocent, doux mais vifs, clairs et sombres,
Qui m’allaient droit au cœur et pénétraient mes ombres.
Après les premiers mots de bonjour et d’accueil,
Mon vieux bras dans le tien, nous quittions cet Auteuil
Et, sous les arbres pleins d’une gente musique,
Notre entretien était souvent métaphysique.
Ô tes forts arguments, ta foi du charbonnier !
Non sans quelque tendance, ô si franche ! à nier,
Mais si vite quittée au premier pas du doute !
Et puis nous rentrions, plus que lents, par la route
Un peu des écoliers, chez moi, chez nous plutôt,
Y déjeuner de rien, fumailler vite et tôt,
Et dépêcher longtemps une vague besogne.

Mon pauvre enfant, ta voix dans le Bois de Boulogne !

Amour (1888) – Lucien Létinois.

Lucien Létinois est né le 27 février 1860 dans un village des Ardennes, Coulommes-et-Marqueny. Ses parents étaient agriculteurs. Il est mort le 7 avril 1883 à l’hôpital de la Pitié Paris de la fièvre typhoïde. Il a entretenu de 1879 à 1883 une relation avec Paul Verlaine. Ce dernier, profondément affecté par sa disparition, lui a consacré cinq années plus tard, à la fin de son recueil Amour (1888), une section longue de 25 poèmes.

Chie Hayakawa – Pierre-Auguste Renoir

Nous avons vu hier soir à la Ferme du Buisson (Noisiel) le film japonais Renoir de Chie Hayakawa avec Yui Suzuki, Lily Franky, Hikari Ishida. (1 h 55). Il est sorti en salle le 17 septembre 2025 et a été présenté au Festival de Cannes.

La réalisatrice a obtenu à Cannes en 2022 (Section Un certain regard) avec Plan 75 une mention spéciale Caméra d’Or. Il s’agissait alors d’un film d’anticipation qui imaginait un programme d’euthanasie au Japon pour les personnes âgées. La cinéaste décrivait une société où les vieux sont mis au rebut.

Ici Fuki (Yui Suzuki), une préadolescente de 11 ans, se prépare à la mort de son père (Lily Franky), atteint d’un cancer en phase terminale. Sa mère (Hikari Ishida) est débordée et ne s’occupe guère d’elle.

L’histoire est située en 1987, lorsque la cinéaste (née en 1976) avait le même âge que son héroïne. Le scénario mêle quotidien et rêve. On remarque un certain impressionnisme dans les tonalités.

Le meilleur du film provient du jeu de la jeune Fuki, gamine mature, pleine de vitalité, d’énergie, mais vraiment désemparée face à l’attitude de ses parents. Elle est désœuvrée et cherche le contact avec les autres. Les adultes sont des marionnettes dominées par le système. Ils restent impassibles, n’expriment pas leurs émotions et ne supportent pas l’échec. L’incommunicabilité est totale.

Le titre Renoir avait attiré mon attention. Le tableau de Pierre-Auguste Renoir auquel fait référence Chie Hayakawa pour intituler son film ainsi est La petite Irène, peint en 1880. La réalisatrice explique ainsi ce choix : « Enfant, j’ai été enchantée par le tableau de Renoir et mon père m’en a offert une reproduction, une anecdote personnelle que j’ai intégrée dans le film. Comme Fuki, je suppliais mon père d’acheter une copie du tableau. C’est pour cela que j’ai décidé d’intituler le film Renoir, le lien avec le tableau ou le peintre ne va pas plus loin. Parmi les grands impressionnistes, Renoir est particulièrement populaire au Japon et, dans les années 1980, on pouvait trouver des répliques de ses œuvres dans de nombreux foyers. Ces reproductions étaient devenues un symbole de l’admiration japonaise pour l’Occident, et du désir de ” rattraper ” ce dernier. » (Propos de la cinéaste dans le Dossier de presse du film)

https://www.youtube.com/watch?v=8XMZnaK9eQQ

Portrait d’Irène Cahen d’Anvers (La Petite Irène) (Pierre-Auguste Renoir).1880. Zurich (Suisse), Fondation Bührle.

Le Portrait d’Irène Cahen d’Anvers (Portrait de Mademoiselle Irène Cahen d’Anvers -La Petite Fille au ruban bleu-La Petite Irène) est une huile sur toile (65 × 54 cm) peinte par Pierre-Auguste Renoir en 1880. Le tableau est conservé aujourd’hui à la fondation Bührle à Zurich (Suisse).

Le banquier Louis Cahen d’Anvers a commandé en 1880 le portrait de ses trois filles en commençant par Irène, l’aînée. Les deux cadettes, Élisabeth et Alice, ont fait l’objet d’un second tableau de Renoir en 1881, intitulé Les Demoiselles Cahen d’Anvers (Rose et Bleu).
A l’origine, le tableau n’est pas apprécié par le commanditaire qui paie le peintre avec beaucoup de retard.

Irène Cahen d’Anvers (1872-1963) est âgée de 8 ans au moment du portrait. Elle se marie le 14 octobre 1891 avec le comte Moïse de Camondo. Le couple a deux enfants : Nissim de Camondo (1892-1917, mort pour la France), dédicataire du musée Nissim-de-Camondo à Paris, et Béatrice de Camondo (1894-1945), qui épousera Léon Reinach.
Elle quitte le foyer en 1896 puis divorce en 1902. Elle laisse à Moïse la garde complète de leurs enfants, se convertit au catholicisme et se remarie avec le comte Charles Sampieri.
En 1946, elle est devenue l’unique héritière légale de sa fille Béatrice Reinach, née Camondo, morte en déportation à Auschwitz en 1945 tout comme son mari et ses deux enfants, Fanny et Bertrand. Elle récupère le tableau qui avait été spolié par les nazis.

Sa sœur Élisabeth (1874-1944), l’une des petites filles du second portrait, ex-comtesse Jean de Forceville, puis ex-Mme Alfred Denfert-Rochereau – également Juive convertie en 1895 bien avant Irène – , est morte également à Auschwitz. Sa nièce, Colette Cahen d’Anvers, comtesse Armand de Dampierre (mort en déportation), a sauté d’un train en route vers son issue fatale, ce qui l’a sauvée.
Irène est décédée en 1963.

Son plus jeune frère Charles Cahen d’Anvers (1879 – 1957), banquier, hérita du château de Champs-sur-Marne. Il en fit don en 1934 à l’État en lui vendant le mobilier ancien réuni par ses parents.

Les Demoiselles Cahen d’Anvers (Rose et bleu) (Pierre-Auguste Renoir).1881. Musée d’art de São Paulo.

William Butler Yeats 1865 – 1939

Portrait de W. B. Yeats (John Singer Sargent). 1908. Collection privée.

Nous regardons un peu par hasard une mini-série policière anglaise de Sean Cook, Redemption (2022). C’est aussi un drame familial. Colette Cunningham, enquêtrice au sein de la brigade criminelle de Liverpool, est une femme forte. Elle reçoit un appel inattendu de Dublin. Un corps a été retrouvé. Colette est indiquée comme son parent le plus proche. Elle s’envole pour Dublin afin d’identifier sa fille, Kate, disparue depuis vingt ans. Plein de chagrin et de culpabilité, Colette décide de rester en Irlande pour s’occuper des deux enfants de Kate et de travailler pour la Garda, la police irlandaise. Elle essaie de reconstituer la vérité sur la mort de sa fille. Elle veut résoudre le mystère qui entoure sa mort.

Lors de l’enterrement, Colette lit un poème de W.B. Yeats que sa fille aimait particulièrement :

Au bas des jardins de saules

Au bas des jardins de saules je t’ai rencontrée, mon amour.
Tu passais les jardins de saules d’un pied qui est comme neige.
Tu me dis de prendre l’amour simplement, ainsi que poussent les feuilles,
Mais moi j’étais jeune et fou et je n’ai pas voulu te comprendre.

Dans un champ près de la rivière nous nous sommes tenus, mon amour,
Et sur mon épaule penchée tu posas ta main qui est comme neige.
Tu me dis de prendre la vie simplement, comme l’herbe pousse sur la levée,
Mais moi j’étais jeune et fou et depuis lors je te pleure.

Quarante-cinq poèmes suivis de La Résurrection présentés et traduits par Yves Bonnefoy. Hermann, 1989. NRF Poésie/Gallimard n°273, 2004.

Down by the salley gardens

Down by the salley gardens my love and I did meet ;
She passed the salley gardens with little snow-white feet.
She bid me take love easy, as the leaves grow on the tree ;
But I, being young and foolish, with her would not agree.

In a field by the river my love and I did stand,
And on my leaning shoulder she laid her snow-white hand.
She bid me take life easy, as the grass grows on the weirs ;
But I was young and foolish, and now am full of tears.

Terence Davies (1945 – 2023) – Emily Dickinson

Terence Davies (Henny Garfunkel)

Le cinéaste anglais a toujours fait des films personnels et intéressants malgré les difficultés de production qu’il a rencontrées.

En 1988, j’avais beaucoup aimé Distant voices, Still Lives, qui recrée la vie d’une famille de la classe ouvrière à Liverpool dans les années 1940 et 1950.

Son dernier film, sorti en en 2021, retrace la vie du poète anglais Siegfried Sassoon (1886 – 1967) : Les Carnets de Siegfried.

Il est mort à 77 ans le 7 octobre 2023 à Mistley (Essex – Angleterre).

J’ai repris à la Médiathèque de Noisiel la belle édition livre-DVD Collector (96 pages) Emily Dickinson, A Quiet Passion (2016).

https://www.lesvraisvoyageurs.com/2018/08/03/emily-dickinson-a-quiet-passion-terence-davies/

https://www.lesvraisvoyageurs.com/2024/04/14/terence-davies-siegfried-sassoon-wilfred-owen/

Les films de Terence Davies sont toujours beaux et âpres. La dureté des hommes (surtout celle des pères) ne donne aux femmes qu’une alternative : le sacrifice ou la rédemption. C’est le cas du personnage de la mère dans Distant voices, Still Lives, mais aussi dans celui de Chris Guthrie dans Sunset Song (2015).

Dans Emily Dickinson, A Quiet Passion, la femme reste prisionnière. La poétesse est enfermée dans une cage dont elle ne sortira pas. Il y a moins d’échappées musicales que dans les autres films du cinéaste (seulement une sortie à l’opéra et quelques moments dans la maison familiale d’Amherst – Massachusetts).

La récitation des poèmes ponctue tout le film qui commence par une séquence qui montre la violente opposition d’Emily à l’autorité, incarnée par la directrice de Mount Holyoke Seminary, (établissement d’études supérieures pour jeunes filles) où elle ne restera que dix mois. Plus tard, en présence de son père et de sa famille. elle refusera de s’agenouiller pour rendre grâce à la demande d’un nouveau pasteur.

La première partie de l’oeuvre est légère, presque frivole. On remarque des personnages réels (Susan Gilbert, sa belle sœur, jouée Jodhi May), et d’autres inventés (Vryling Buffam, incarnée par Catherine Bailey). Les bons mots, les paradoxes, l’humour pince-sans-rire font sourire le spectateur.

Ensuite, Emily Dickinson reste jusqu’à la fin de sa vie dans la maison de cette famille, austère et aimante. Elle se retire progressivement du monde extérieur, s’habille en blanc et refuse de descendre de sa chambre. Sa vie se termine dans les souffrances de la maladie de Bright, caractérisée par un dysfonctionnement rénal incurable.

Terence Davies dresse le portait d’une femme d’une grande intransigeance morale qui n’hésite pas à exprimer sa rage. Elle remet en cause de l’intérieur l’autorité des Puritains comme le font à la même époque Ralph Waldo Emerson (1803-1882) et les transcendantalistes.

On retrouve dans ce film certains thèmes caractéristiques de l’oeuvre de Terence Davies : la fuite du temps, la hantise de la mort, l’amour de la nature.

Trois poèmes lus dans le film :

1037

The dying need but little, dear,—
A glass of water’s all,
A flower’s unobtrusive face
To punctuate the wall,

A fan, perhaps, a friend’s regret,
And certainly that one
No color in the rainbow
Perceives when you are gone.

1865.

………………………………………………………………………………………

Les Mourants ont besoin de peu, Doux Ami,
Un Verre d’eau, c’est tout,
Le Visage discret d’une fleur
Pour ponctuer le Mur,

Un Éventail, peut-être, le regret d’un Ami
Et la Certitude qu’on ne percevra plus
Les couleurs de l’arc-en-ciel
Quand tu auras disparu –

Traduction Françoise Dolphy.

453

Our journey had advanced –
Our feet were almost come
To that odd Fork in Being’s Road –
Eternity – by Term –

Our pace took sudden awe –
Our feet – reluctant – led –
Before – were Cities – but Between –
The Forest of the Dead—

Retreat – was out of Hope –
Behind – a Sealed Route –
Eternity’s White Flag – Before –
And God – at every Gate –

1862.

……………………………………………………………………………………………..

Notre voyage était bien engagé –
Nos pieds étaient presque arrivés
Á cette étrange bifurcation sur la Route de l’Être –
Qu’on Nomme – l’Éternité –

Notre allure fut soudain entachée d’effroi –
Nos pieds – avançaient – de mauvaise grâce –
La Forêt des Morts –

Pas le moindre Espoir – de rebrousse chemin –
Derrière – une Route sans issue –
Le drapeau Blanc de l’éternité – devant –
Et Dieu – à chaque Portail –

Traduction Françoise Delphy.

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This is my letter to the World
That never wrote to Me –
The simple News that Nature told –
With tender Majesty

Her Message is committed
To Hands I cannot see –
For love of Her – Sweet – countrymen –
Judge tenderly – of Me

1863.

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Ceci est ma lettre au Monde
Qui jamais ne M’a écrit –
Simples Nouvelles racontées par la Nature –
Avec une tendre Majesté

Elle confie son Message
À des Mains que je ne vois pas
Par amour pour Elle – Doux – compatriotes –
Jugez-Moi – avec tendresse

Traduction Françoise Delphy.

Fernando Pessoa – Pedro Almodóvar

Depuis hier soir, je recherche une phrase de Fernando Pessoa qu’ Adrien Gombeaud a citée dans sa critique du beau film de Pedro Almodóvar, La chambre d’à côté (Positif n°767. janvier 2025. pages 6-7). Je l’ai enfin trouvée.

307 « Esthétique du désenchantement
Puisque nous ne pouvons tirer de beauté de la vie, cherchons du moins à tirer de la beauté de notre impuissance même à en tirer de la vie. Faisons de notre échec une victoire, quelque chose de positif qui se dresse, au milieu des colonnes, en majesté et en consentement spirituel.
Puisque la vie ne nous a rien offert d’autre qu’une cellule de reclus, alors tentons de la décorer, ne serait-ce que de l’ombre de nos songes, dessins et couleurs mêlés, sculptant notre oubli sur l’immobile extériorité des murailles.
Comme tous les rêveurs, j’ai toujours senti que ma fonction, c’était de créer. Comme je n’ai jamais su faire aucun effort, ni concrétiser aucune intention, créer a toujours coïncidé pour moi avec le fait de rêver, de vouloir ou de désirer, et d’accomplir un geste, en rêvant seulement le geste que je souhaiterais pouvoir accomplir. »

Gens au soleil (People in the Sun) (Edward Hopper), 1960. Washington, Smithsonian American Art Museum

Le livre de l’intranquillité de Bernardo Soares. p.310. Christian Bourgois éditeur, 1999. Traduction Françoise Laye.

« Estética do desalento
Já que não podemos extrair beleza da vida, busquemos ao menos extrair beleza de não poder extrair beleza da vida. Façamos da nossa falência uma vitória, uma coisa positiva e erguida, com colunas, majestade e aquiescência espiritual.
Se a vida não nos deu mais do que uma cela de reclusão, façamos por ornamentá-la, ainda que mais não seja, com as sombras dos nossos sonhos, desenhos a cores mistas esculpindo o nosso esquecimento sobre a parada exterioridade dos muros.
Como todo o sonhador, senti sempre que o meu mister era criar. Como nunca soube fazer um esforço ou ativar uma intenção, criar coincidiu-me sempre com sonhar, querer ou desejar, e fazer gestos com sonhar os gestos que desejaria poder fazer. »

Livro do Desassossego por Bernardo Soares. Assírio & Alvim. 1998.

Sylvain Itkine

Je viens de lire ce livre d’Olivier Barrot. Il fait revivre la belle figure de Sylvain Itkine. il s’agit d’un livre de cinéphile à l’ancienne.

https://www.gallimard.fr/catalogue/portrait-d-itkine/9782073040053

Sylvain Itkine est né le 8 décembre 1908 à Paris.

C’est le second fils de Daniel Itkine, juif originaire de Kaunas en Lituanie, ouvrier joaillier, et de Rachel Braunstein, Française née à Paris, d’origine russe. Il a un frère aîné, Lucien Itkine (1905-1945), ingénieur-chimiste, et une sœur cadette, Georgette Itkine (1918-1981)

Élève au Lycée Condorcet à Paris, il interrompt ses études à la fin de la troisième à quatorze ans et entre en apprentissage. Passionné de théâtre  il quitte son atelier pour intégrer le cours Simon à dix-sept ans. Il participe ensuite à des tournées théâtrales (groupe Mars, proche du groupe Octobre de Jacques Prévert) et milite dans des groupes trotskistes. Avec ses amis, passionné d’agit-prop, Il joue dans les usines occupées lors des grèves de juin 1936. Sylvain Itkine crée ensuite sa propre troupe, Le Diable Écarlate. En 1937, il met en scène Ubu enchaîné d’ Alfred Jarry, son auteur-favori (avec des décors de Max Ernst ) .

Lors de l’occupation allemande, il se réfugie en « zone libre » et crée à Marseille avec des amis et des membres de sa famille une société coopérative alimentaire, « Le Fruit mordoré ». Ils fabriquent une barre de friandises, le « Croque-Fruits » amalgame de dattes, noisettes, amandes et pistaches. L’entreprise est fondée sur l’égalité des salaires et connaît un grand succès. Elle emploie environ 150 personnes, dont de nombreux clandestins juifs. Son activité prend fin avec l’arrivée des Allemands en zone non occupée le 11 novembre 1942.

Les frères Itkine rejoignent ensuite la Drôme, puis Lyon où ils participent à la Résistance. Ils font partie de la branche politique du service de renseignement régional des Mouvements Unis de la résistance (MUR). Son frère Lucien (pseudonyme Villon) est arrêté le 27 juillet 1944 par la Milice. Il fait partie du dernier convoi de déportation qui quitte Lyon le 11 août 1944 pour Auschwitz-Birkenau. Quand le camp est évacué par les allemands, il participe à la « marche de la mort » vers Mauthausen où il meurt le 25 février 1945.

Sylvain (pseudonyme Maxime) est arrêté le 1 août à Lyon avec une bonne partie de son réseau. Ils ont été dénoncés par Claire Hettiger (alias Dany), agent infiltré par la Gestapo, condamnée à mort à la libération, puis graciée. On dit que Sylvain Itkine a été exécuté par les allemands le 20 août 1944 dans le cimetière de Saint-Genis-Laval (Rhône). En fait, il est probablement mort sous la torture ou des conséquences de la torture au siège de la Gestapo, place Bellecour à Lyon, sans avoir parlé. Son corps n’a pas été retrouvé.

On se souvient de son rôle dans La grande illusion (1937) de Jean Renoir. Il est le lieutenant Demolder, seul intellectuel parmi les officiers français. Jean Gabin lui demande : ” Mais qu’est-ce que c’est que ton Pindare ? “. Demolder – Itkine fait face avec brio au grand acteur populaire.

https://www.youtube.com/watch?

Quand il vivait à Paris, Sylvain Itkine habitait rue Championnet, Paris XVIII. Téléphone MARcadet 72 50

Sylvain Itkine (Source : Le Maitron)

Citations de Sylvain Itkine

« Avec Jarry, nous refusons de saluer le drapeau et les hommes représentatifs. »

« Je suis heureux d’être juif… Je voudrais être à la fois juif, nègre et chinois, toutes les races persécutées du globe. »

Lucien Itkine, à Marseille, sur la Cannebière, avec sa soeur Georgette. Sans doute en 1941. (Source : Le Maitron)