Willy Ronis (1910 – 2009)

Pavillon Carré de Baudouin. 121 Rue de Ménilmontant Paris XX.

Une exposition Willy Ronis par Willy Ronis était prévue à Paris au Pavillon Carré de Baudouin, 121 Rue de Ménilmontant 75020 du 27 avril au 29 septembre 2018. Heureusement, elle a été prolongée jusqu’au 2 janvier 2019. J’ai donc pu y aller avec mon petit frère P. vendredi dernier et vagabonder un peu dans le quartier de Ménilmontant.
Environ deux cents clichés en noir et blanc réalisés entre 1926 et 2001 sont présentés. Il s’agit de tirages modernes. Le lieu est agréable et l’exposition gratuite.
Willy Ronis a eu une  longue vie puisqu’il est né le 14 août 1910 à Paris dans le 9 ème arrondissement. Il est mort le 11 septembre 2009 dans le 20 ème. Sa vocation n’était pas la photographie, mais la musique. Il ne devint photographe qu’au retour de son service militaire en 1932 pour aider son père malade. Cet émigré juif d’Odessa tenait un studio sous le pseudonyme de «Roness». Willy Ronis se prend alors au jeu et découvre la Société Française de Photographie. Il devient reporter photographe indépendant en 1936 et quitte l’atelier familial. Pendant le Front Populaire, il suit les manifestations populaires et publie dans la revue de gauche Regards.
Toute sa vie ce fut un homme engagé. Il était devenu communiste à 14 ans et conserva ses idées jusqu’à sa mort.
L’exposition est organisée par thèmes: «Les débuts», «Autoportraits», «L’intime», «Les Nus», «Le monde ouvrier». Certaines photos sont très connues, mais l’exposition permet de montrer la diversité de l’oeuvre du photographe. On classe Willy Ronis le plus souvent parmi les membres de la photographie humaniste française comme Edouard Boubat, Robert Doisneau, Izis, Sabine Weiss. Il a donné cette définition de l’école humaniste: «C’est le regard du photographe qui aime l’être humain».  Son œuvre est assez diverse . Il mena toujours  de front commandes et recherches personnelles.
Willy Ronis était un optimiste même s’il ne croyait pas en la perfectibilité de l’homme.
Certaines photos sont pourtant tragiques. Comme ce mineur atteint de silicose photographié à Lens, dans le Pas-de-Calais, en 1951. «Il avait 47 ans et la tête d’un homme de 70 ans. Il s’appelait Émile Fon­taine. Il ne mangeait plus. Il fumait seulement. Il ne marchait presque plus. Il restait assis en tailleur dans un fauteuil, se risquait, vacillant, à faire quelques pas dehors en s’appuyant sur le mur. Il est mort quelques mois après la photo. Je l’avais rencontré grâce à des amis lensois qui m’aidaient dans ma quête de motifs. Je suis entré chez lui pour me présenter et lui demander si je pouvais prendre sa photo der­rière la fenêtre, où j’avais eu mon premier regard sur lui.»
La donation Willy Ronis est affectée à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP) en 2016 qui gère les grandes donations photographiques faites à l’État (Jacques Henri Lartigue, André Kertesz)

Mineur silicosé près de Lens. 1951.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=73&v=U6zCbq8EkzA

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