Natalia Ginzburg (1916-1991) I

Natalia Ginzburg.

Natalia Ginzburg (née Natalia Levi) est une romancière, essayiste et auteur dramatique italienne, pas assez connue en France. Elle était pourtant admirée par Italo Calvino, Federico Fellini, Pier Paolo Pasolini, Leonardo Sciascia. Elle est née le 14 juillet 1916 à Palerme et morte le 7 octobre 1991 à Rome.

Elle publie en 1933 une nouvelle intitulée Les Enfants dans la revue littéraire d’Alberto Carocci, Solaria.

Fille d’un professeur d’université, elle épouse en 1938 le journaliste, écrivain et éditeur antifasciste Leone Ginzburg, né à Odessa le 5 février 1899.

Elle le suit après son assignation à résidence à Pizzoli, petit village reculé des Abruzzes où ils restent trois ans. Leurs trois enfants naissent alors: Carlo (le 15 avril 1939, futur historien, spécialiste de microhistoire), Andrea et Alessandra.

En 1942, elle publie son premier roman, La Route qui va en ville. Parce qu’elle est juive, elle ne peut ni signer de son nom de jeune fille, ni de son nom d’épouse. Elle choisit un pseudonyme.

À la chute de Mussolini en 1943, la famille gagne clandestinement Rome. Capturé par les Allemands, son mari Leone meurt à Rome dans la prison de Regina Coeli des suites des tortures infligées par la Gestapo le 5 février 1944.

En 1950, elle se remarie avec Gabriele Baldini (1919-1969), directeur de l’Institut italien de la culture à Londres, et quitte l’Italie pour l’Angleterre. Leur fille naît en 1954, leur fils en 1959, tous deux handicapés. Les années 1950 marquent le début d’une période féconde pour sa production littéraire. Elle aborde des thèmes comme la mémoire, l’enquête psychologique et la vie familiale.

Elle publie Nos années d’hier en 1952. Valentino obtient le prix Viareggio en 1957. En 1961 sort chez Einaudi Les Voix du soir, roman familial. Il annonce son œuvre la plus célèbre: son roman autobiographique, Les Mots de la tribu, qui obtient le prix Strega, l’équivalent du Goncourt en Italie.

En 1969 son second mari, Gabriele Baldini, meurt. Elle publie des recueils d’essais (Les petites vertus, 1962. Ne me demande jamais, 1970. Vie imaginaire, 1974).

Elle revient au roman avec Cher Michel en 1973, Bourgeoisies en 1977, et La ville et la maison, en 1984. Trois romans épistolaires.

Elle s’est consacrée aussi au théâtre avec Je t’ai épousé pour l’allégresse, en 1965, et Village de bord de mer en 1972. Elle a  traduit en italien Vercors, Marcel Proust, Gustave Flaubert, Marguerite Duras, Guy de Maupassant.

En 1983, élue au Parlement italien dans les rangs du Parti communiste italien, elle soutient des positions peu orthodoxes comme celle du maintien du crucifix à l’école en 1988.

Elle meurt à Rome le 7 octobre 1991 et est inhumée au cimetière communal monumental de Campo Verano.

Oeuvres:

1942 La strada che va in città (La Route qui mène à la ville) 1964, quatre romans courts, éd. Denoël; rééd. 2014.
1945 È stato cosi (C’est ainsi que cela s’est passé). Prix Tempo. Denoël 1983. Rééd. 2017.
1952 Tutti i nostri ieri (Nos années d’hier), Prix Veillon 1952. rééd. 1956; rééd. 1992, roman, éd. Plon. Nouvelle traduction 2004 (Tous nos hiers), éd. Liana Lévi, Collection Piccolo.
1957 Valentino. Prix Viareggio.
Sagittario.
1961 Le voci della sera (Les Voix du soir). 1962, éd. Flammarion, roman, 1992
1962 Le piccole virtù (Les Petites Vertus). 1964, roman, Flammarion. Essais. 2018, Rééd. Ypsilon.
1963 Lessico famigliare (Les Mots de la tribu). Prix Strega. 1966, roman, éd. Grasset. Collection les Cahiers rouges 2008.
1964 La madre e altri racconti (La Mère), 1993, nouvelles, éd. Calmann-Lévy; rééd. 1999, éd. du Rocher, Le Serpent à plumes.
1965 Ti ho sposato per allegria (Je t’ai épousé pour l’allégresse) (Théâtre).
1966 L’inserzione.
1970 Mai devi domandarmi (Ne me demande jamais). 1985 Denoël. Recueil d’articles publiés dans la Stampa de décembre 1968 à octobre 1970.
1972 Paese di mare (Village de bord de mer) (Théâtre).
1973 Caro Michele (Cher Michel).
1974 Vita immaginaria (Vie imaginaire). Essais.
 Je t’écris pour te dire, Flammarion.
1977 Famiglia (Bourgeoisies) 1980, rééd. 2002, éd. Denoël
1983 La famiglia Manzoni.
1984 La città e la casa (La Ville et la maison), 1984, roman, rééd. 1988, 2002, Denoël.
1987 Croix et délice, Collection Nord-Sud Phalène.
2004 Vie de Anton Tchékhov in Conseils à un écrivain d’Anton Tchekhov. Anatolia/Editions du Rocher.

Leone Ginzburg (1899-1944).

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