Harry Dean Stanton (1926 – 2017)

https://www.youtube.com/watch?v=CR42hEHCo7w

Film vu hier soir en DVD, car je l’avais raté lors de sa sortie en salle.

Lucky (2017) Réal. John Carroll Lynch. Scén: Logan Sparks et Drago Sumonja. Dir.photo:Tim Suhrstedt. Int : Harry Dean Stanton, David Lynch, Ron Livingston, Tom Skerritt. Ed Begley Jr.
Beth Grant. James Darren. Barry Shabaka Henley.

Lucky, vieux cow-boy, vit seul à plus de 90 ans, dans une petite ville du désert de l’Arizona. Il fait des exercices de yoga tous les matins et marche dans la ville pour aller prendre son café, faire ses courses ou retrouver des amis le soir dans un bar où il boit un Bloody Maria. Dans la journée, il fait des mots croisés et regarde des jeux télévisés idiots. Malgré sa santé de fer, une chute avertit Lucky que la mort approche. Il continue pourtant de fumer son paquet de cigarettes chaque jour avec la bénédiction de son médecin traitant. Il perd alors un peu de sa force, se dispute et veut se battre avec un avocat qui tente de faire signer un testament à un ami (interprété par David Lynch) qui a perdu sa tortue centenaire “President Roosevelt”. Lucky retrouve un peu de joie lors de la fête d’anniversaire du fils d’une commerçante d’origine mexicaine où il improvise en espagnol la chanson Volver Volver avec un groupe de mariachis. Il rencontre aussi un vétéran (Tom Skerritt) avec qui il évoque ses souvenirs de la Guerre du Pacifique. Finalement la vie continue pour Lucky et la tortue poursuit elle aussi son chemin dans le désert.

Il s’agit du dernier film d’Harry Dean Stanton (1926-2017). Le magnifique acteur de Paris, Texas (1984) de Wim Wenders tient le rôle principal. Il est apparu dans près de deux cents films et téléfilms. Tout s’inspire de sa vie et de sa personnalité. La photographie de Tim Suhrstedt est très soignée et joue sur des tons très chauds. Le metteur en scène John Carroll Lynch, un ancien acteur, signe là son premier film. Sa mise en scène est lente et discrète. Elle se met au service des comédiens. Dans l’avant dernier plan, le personnage joué par Harry Dean Stanton, ce faux philosophe misanthrope qui définit le réalisme, se plaît à dire qu’il n’est rien («ungatz!»), se déclare athée et nie la réalité de l’âme, scrute un très haut cactus (un saguaro) encore plus sec que lui, puis regarde la caméra et le spectateur longuement. Il finit par sourire et s’éloigne dans le désert après avoir allumé une dernière cigarette. Belle fin de cinéma pour cet immense acteur décédé le 15 septembre 2017.

https://www.youtube.com/watch?v=77rJ8OSjhdM

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