Luis Cernuda (1902-1961)

Luis Cernuda.

Luna llena en Semana Santa

Denso, suave, el aire
Orea tantas callejas,
Plazuelas, cuya alma
Es la flor del naranjo.

Resuenan cerca, lejos,
Clarines masculinos
Aquí, allí la flauta
Y oboe femeninos.

Mágica por el cielo
La luna fulge, llena
Luna de parasceve.
Azahar, luna, música,

Entrelazados, bañan
La ciudad toda. Y breve
Tu mente la contiene
En sí, como una mano

Amorosa. ¿Nostalgias?
No. Lo que así recreas
Es el tiempo sin tiempo
Del niño, los instintos

Aprendiendo la vida
Dichosamente, como
La planta nueva aprende
En suelo amigo. Eco

Que, a la doble distancia,
Generoso hoy te vuelve,
En la leyenda, a tu origen.
Et in Arcadia ego.

Desolación de la Quimera, 1962.

(Sin fecha de escritura. Tal vez primavera de 1961.
Se publicó por primera vez en la revista Caracola de Málaga (agosto de 1961)

Pleine lune en Semaine Sainte

Dense, suave, l’air
Aère tant de ruelles,
De placettes dont l’âme
Est fleur de l’oranger.

Sonnent proches, lointains,
Des clairons masculins
Ici, et là la flûte
Et le hautbois féminins.

Magique par le ciel
La lune brille, pleine
Lune du Vendredi saint.
Fleur d’oranger, lune, musique,

Entremêlées, baignent
Toute la ville. Et bref
Ton esprit la contient
En lui, comme une tendre

Main. Es-tu nostalgique?
Non. Ce que tu recrées ainsi
C’est le temps sans durée
De l’enfant, les instincts

Qui apprennent la vie
Avec béatitude, comme
la plante nouvelle l’apprend
Sur un sol ami. Echo qui,

A la double distance
Généreux aujourd’hui te ramène
En légende à ton origine.
Et in Arcadia ego.

Désolation de la chimère.
(Traduction: Jacques Ancet)

Semaine Sainte à Séville (Brassaï). 1950

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