Antonio Machado

Antonio Machado est mort en exil à Collioure le 22 février 1939, trois jours avant sa mère.

Louis Aragon, Les poètes, 1960

«Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d’Espagne
Que le ciel pour lui se fit lourd
Il s’assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours.»

Campo (Antonio Machado)
La tarde está muriendo
como un hogar humilde que se apaga.

Allá, sobre los montes,
quedan algunas brasas.

Y ese árbol roto en el camino blanco
hace llorar de lástima.

¡Dos ramas en el tronco herido, y una
hoja marchita y negra en cada rama!

¿Lloras?… Entre los álamos de oro,
lejos, la sombra del amor te aguarda.

Soledades. Galerías. Otros poemas. 1907

Campagne

Le soir meurt
comme un humble foyer qui s’éteint.

Là-bas, sur les montagnes,
il reste quelques braises.

Et cet arbre brisé sur le chemin tout blanc
fait pleurer de pitié.

Deux branches sur le tronc blessé, et une
feuille fanée et noire sur chaque branche!

Tu pleures?… Entre les peupliers d’or,
au loin, l’ombre de l’amour t’attend.

Champs de Castille, précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi des Poésies de guerre. Collection Poésie/Gallimard (n° 144), Gallimard 1981. Traduit par Sylvie Léger et Bernard Sesé.

Camino entre Espejo de Tera y Rebollar (Provincia de Soria).

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