Paul Verlaine

Paul Verlaine (Otto Wegener). 1893. [La belle écharpe brodée de chez Charvet lui avait été offerte par Robert de Montesquiou. Le dessin de l’écharpe rappelle les motifs japonisants qui étaient alors à la mode.]

J’ai vu sur Arte un film de Laurent Heynemann Il faut tuer Birgitt Haas de 1981. Lisa Kreuzer et Jean Rochefort citent ce vers de Verlaine :

” Et dépêcher longtemps une vague besogne. “

Je me souviens du poème mis en musique par Léo Ferré. Verlaine et Rimbaud chantés par Léo Ferré est un double album paru en décembre 1964 qui reprend quatorze poèmes de Verlaine et dix de Rimbaud.

https://www.youtube.com/watch?v=i6gdu8UdOng

Âme, te souvient-il, au fond du paradis,
De la gare d’Auteuil et des trains de jadis
T’amenant chaque jour, venus de La Chapelle ?
Jadis déjà ! Combien pourtant je me rappelle
Mes stations au bas du rapide escalier
Dans l’attente de toi, sans pouvoir oublier
Ta grâce en descendant les marches, mince et leste
Comme un ange le long de l’échelle céleste,
Ton sourire amical ensemble et filial,
Ton serrement de main cordial et loyal,
Ni tes yeux d’innocent, doux mais vifs, clairs et sombres,
Qui m’allaient droit au cœur et pénétraient mes ombres.
Après les premiers mots de bonjour et d’accueil,
Mon vieux bras dans le tien, nous quittions cet Auteuil
Et, sous les arbres pleins d’une gente musique,
Notre entretien était souvent métaphysique.
Ô tes forts arguments, ta foi du charbonnier !
Non sans quelque tendance, ô si franche ! à nier,
Mais si vite quittée au premier pas du doute !
Et puis nous rentrions, plus que lents, par la route
Un peu des écoliers, chez moi, chez nous plutôt,
Y déjeuner de rien, fumailler vite et tôt,
Et dépêcher longtemps une vague besogne.

Mon pauvre enfant, ta voix dans le Bois de Boulogne !

Amour (1888) – Lucien Létinois.

Lucien Létinois est né le 27 février 1860 dans un village des Ardennes, Coulommes-et-Marqueny. Ses parents étaient agriculteurs. Il est mort le 7 avril 1883 à l’hôpital de la Pitié Paris de la fièvre typhoïde. Il a entretenu de 1879 à 1883 une relation avec Paul Verlaine. Ce dernier, profondément affecté par sa disparition, lui a consacré cinq années plus tard, à la fin de son recueil Amour (1888), une section longue de 25 poèmes.

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