Emilio Prados 1899 – 1962

Emilio Prados. Mirador de Sansueña. Torremolinos. (CFA)

Emilio Prados est né le 4 mars 1899 à Málaga.

Le père d’Emilio Prados possède une fabrique de meubles (Fábrica de Muebles Prados Hermanos S.A.), installé dans le palais de Buenavista où se trouve aujourd’hui le magnifique Musée Picasso.

Le poète est un amoureux de la nature. Il parcourt Los Montes de Málaga avec son ami, le berger Antonio Ríos. Il nage, il plonge dans la Méditerranée. Il fréquente régulièrement le quartier pauvre de El Palo, à l’est de Málaga, et la crique El Peñón del Cuervo. Il apprend à lire et à écrire aux enfants des pêcheurs qui sont analphabètes, fait de l’animation culturelle, organise un syndicat.

Il séjourne à la Residencia de Estudiantes de Madrid en 1918 avec son frère aîné Miguel qui étudie la psychiatrie. Il devient l’ami de Federico García Lorca. De 1921 à 1922, il séjourne au Waldsanatorium de Davos pour soigner la maladie pulmonaire dont il souffre depuis l’enfance. Il étudie ensuite la philosophie à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne) où enseignent les philosophes Edmund Husserl et Martin Heidegger. Il fait aussi deux courts séjours à Paris où il fait la connaissance de Jean Cocteau et Pablo Picasso dont il visite l’atelier.

En 1924, il abandonne ses études universitaires et revient à Málaga. Il crée en 1926 l’imprimerie et maison d’édition Sur et la revue Litoral (Calle de San Lorenzo) avec un autre poète, Manuel Altolaguirre. Ce lieu devient essentiel pour tous les poètes de sa génération.

A partir de 1930, il publie de la poésie révolutionnaire. Il est membre de l’Alliance des intellectuels antifascistes et se rend à Madrid, en août 1936, au début de la guerre civile. Il lit à la radio ses romances de guerre. Replié à Valence, il collabore à la revue Hora de España et sélectionne les poèmes qui feront l’objet du Romancero de la guerra de España, publié en 1937.

A la fin de la guerre, il s’exile, d’abord en France en février 1939, puis au Mexique en mai 1939. Il y trouve du travail dans l’édition et dans l’enseignement. En 1942, il adopte un orphelin espagnol, Francisco Sala. Il vit très pauvrement à Mexico dans une petite chambre (Calle Lerma) entouré d’ étoiles de mer, du portrait de Federico García Lorca, de livres et d’une petite boîte contenant du sable provenant des plages de Málaga. Son frère Miguel, psychiatre au Canada, l’aide financièrement. Il meurt le 24 avril 1962 dans cette ville après 23 années d’exil.

Je ne comprends pourquoi il est méconnu.

Cantar de noche (Emilio Prados)

Ando y ando perseguido,

sin saber qué me persigue.

Nada pregunto, ni espero

que nada pueda decirme

qué camino es el que quiero.

Rendido estoy, pero andando,

aunque no sepa en qué tierra.

No sé lo que me acompaña;

ni hasta dónde he de seguir,

ni si escondido en mi alma

estoy, para no sentir

la muerte que me amenaza.

Pero sigo caminando…

Si he de llegar, no me importa.

Uno…

Dos…

Mi pie, pasando,

deja su huella a la sombra

que viene detrás llorando.

Jardín cerrado, 1940-46. 1946.

Cantar triste

Yo no quería,
no quería haber nacido.

Me senté junto a la fuente
mirando la tarde nueva…

El agua brotaba, lenta.
No quería haber nacido.

Me fui bajo la alameda
a ocultarme en su tristeza.

El viento lloraba en ella.
No quería haber nacido.

Me recliné en una piedra,
por ver la primera estrella…

¡Bella lágrima de estío!
No quería haber nacido.

Me dormí bajo la luna.
¡Qué fina luz de cuchillo!

Jardín cerrado, 1940-46. 1946.

Cantar del atardecer

Chapultepec, 6 de junio

¡Altas alamedas!
(¿Y las hojas secas?)

¡Altas alamedas!
(La tarde está abierta.)

¡Altas alamedas!
(Y la luna llega.)

¡Altas alamedas!
(La noche se acerca.)

¡Altas alamedas!
(Y el otoño dice:
¡Altas alamedas!)

¡Altas alamedas!
(Y la luna sueña.)

¡Altas alamedas!
(El lucero espera.)

¡Altas alamedas!
(El agua, ¡tan quieta!)

¡Altas alamedas!
(La noche se cierra.)

¡Altas alamedas!
(¿Y esa estrella muerta?)

¡Altas alamedas!
(El eco repite:
¡Altas alamedas!)

¡Altas alamedas!
De lejos las miro…
¿Qué sombra entró en ellas?

¡Altas alamedas!
(El viento suspira:
¡Altas alamedas!)

Barco Litoral (Lorenzo Saval). Mirador de Sansueña (Torremolinos). (CFA)

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